08.04.2007

"planchisation" du manoir

[EDIT] : Voici une version remaniée suite aux commentaires reçus, ma foi de fort bon conseil. Ca peut encore sans doute être mieux ! Ah, le travail interminable de scénariste...

Le Manoir

 

Planche1 : Un homme demande aux bourreaux d’exécuter la sentence. Ceux-ci empoignent des pierres et lapident une femme jusqu’à la mort. Puis un petit garçon est emmené, qui appelle sa mère.

P2 : Au bord d’un chemin, un inconnu s’est arrêté parler à un couple de paysans qui travaillent leur champ. Ils lui disent qu’on ne parle qu’avec terreur de la demeure qui se trouve sur l’île, où il veut se rendre. Malgré leurs avertissements, l’inconnu poursuit sa route vers l’île.

P3-P4-P5 : Arrivé aux berges du lac, il rencontre le passeur auquel il présente une lettre. Celui-ci acquiesce, se retourne, et alors notre homme l’égorge. Il est alors rejoint par un ami, à qui il avait demandé de rester caché là avec armes et provisions. Ils remarquent que le passeur a des poids de plombs aux chevilles. Les deux s’embarquent vers l’île, et en profitent pour mettre par dessus bord le passeur qui sombre dans les eaux glacées.

P6 : L’inconnu et son ami se séparent. L’inconnu se présente donc seul à la demeure, une imposante bâtisse mélangeant style moyen-âge et renaissance, muni de la même lettre qu’il avait montrée au passeur. Une vieille dame ouvre la porte.

P7 : elle l’accueille, l’air surprise : la lettre est signée d’un noble qui indique que son fils quémande une faveur au Tribunal. Le souper sera servi d’ici peu. 

P8-P9 : on voit la famille rassemblée pour le souper. Elle est composée du père, de la mère, de quatre de leurs fils et de deux oncles. Quelques réflexions, des sous-entendus provoquent une certaine gêne. L’inconnu dit qu’il formulera sa faveur le lendemain midi ; des propos s’échangent entre lui et ses hôtes.

P10 : Tous vont se coucher. Sur le chemin vers leur chambre, la mère et le père : « vous saviez que Louis avait eu un autre fils ? Non, pas à ma connaissance… »

P11 : Pendant la nuit, l’inconnu, va dans la chambre du fils aîné : ne le reconnaît-il pas ? Non. « Je suis le fils de Louis de Valvermeil, et de Rose Chouan ». L’aîné reste bouche bée. « Toi ? Mais… Tu es mort ! Il y 20 ans que nous t’avons jugé… ». Il s’agrippe à un livre.

P12 : On assiste à un bout du procès des parents de l’inconnu, auquel il était présent.

P13 : L’inconnu sort une arme, et ordonne à l’aîné de se pendre avec la corde qu’il lui présente, ce que ce dernier finit par faire. Le livre qu’il agrippait est le livre des règles de la famille : Le père est le juge suprême ; la mère la gardienne de la mémoire de la famille et de ses jugements ; le fils aîné est le juge adjoint, appelé à devenir Juge Suprême à la mort de son père ; les deux benjamins sont le procureur et l’avocat ; les trois cadets sont les jurés. Seul la lignée du fils aîné compte. Ses fils seront à leur tour membres du Tribunal, appelés à la demeure à la mort de chaque ancien membre. Les bourreaux, ainsi que les domestiques, sont les fils des autres membres du Tribunal, ainsi que les filles de l’aîné. L’inconnu n’ose lire plus.

P14 : Le jour suivant, la panique s’installe dans la demeure en voyant l’aîné pendu, sans que l’on puisse retrouver l’inconnu.

P15 : Son ami s’est renseigné sur les bourreaux et domestiques, qui pourraient contrecarrer leur plan. Il a repéré qu’ils vivent dans une bâtisse voisine, à côté des cuisines. Il a remarqué aussi qu’ils ne communiquent que par grognement, et ont un comportement violent. Ils sont trop nombreux pour les éliminer au corps-à-corps. Il propose un poison qu’il utilise pour tuer les rongeurs qui envahissent la grange chez lui.

P16 : Après le repas du midi, c’est à au tour des domestiques d’être nourris. Le cuisinier sort de la demeure et se dirige vers la bâtisse. L’ami détourne son attention ; le cuisinier s’éloigne un peu de la marmite qu’il portait ; l’inconnu en profite pour s’en approcher et y verser la mort-aux-rats.

P17 : Quelques heures après, tout le monde est mort. L’inconnu et son ami vont voir dans la bâtisse : tous les domestiques ont des poids aux pieds, comme le passeur. Ils vivent dans la misère ; seuls quelques domestiques sont bien habillés ; les bourreaux vivaient un peu à part.

P18 : Le soir les habitants de la demeure s’aperçoivent de la mort de leurs domestiques : la panique augmente, surtout chez les jurés. Son ami conseille à l’inconnu de visiter la mère, c’est elle avec le père qui risque de comprendre le plus vite la situation.

P19 : La nuit, l’inconnu se dirige vers la chambre de la mère ; il remarque un verre d’eau sur sa table de chevet. Il y verse de la ciguë, puis s’installe dans un coin à l’ombre. La mère se réveille dans la nuit et boit son eau.

P20 : Alors l’inconnu allume une lanterne. Il lui dit qu’elle a bu de la ciguë, qu’elle deviendra froide comme les pierres qui ont servi à lapider sa mère. C’est le petit Louis, n’est-ce pas ? Oui, le petit Louis dont les parents ont été assassinés par les bons soins de votre famille. Oui, le petit Louis de Valvermeil, volume 214… dans la bibliothèque… cette porte… Elle meurt sur ces mots. 

P21 : Louis va voir derrière la porte qu’elle indiquait, et voit tous les volumes où sont retranscrit tous les procès qui ont eu lieu dans cette demeure. Il y a également un arbre généalogique remontant jusqu’à l’ancêtre Archibald de Montrond. Il ouvre le volume 214 et lit les actes du procès de ses parents.

P22 : L’avocat était saoul. La mère fut condamnée à être lapidée. Le père fut acquitté : il était le fils chéri de la plus prestigieuse maison de France ; sa conduite indigne devait être effacée des mémoires, mais lui ne devait pas mourir ici. L’enfant fut condamné à être attaché à un arbre et abandonné. Puis il lit quelque chose, le lecteur ne sait pas quoi. Louis referme le livre, l’air en colère. Il regarde l’arbre généalogique. Il y a une branche morte au niveau du grand-père.

P23 : Le lendemain, c’en est trop pour la famille restante, qui décide d’aller chercher de l’aide. Mais ni le passeur, ni la barque ne sont présents. L’angoisse devient presque de la folie chez les jurés. L’ami de Louis les observe de loin, l’air ravi.

P24 : Le procureur s’énerve, tandis que l’avocat se saoule (on avait déjà pu voir au cour du premier souper son penchant pour l’alcool). Les 3 jurés sombrent de plus en plus dans une démence mystique, ce qui énerve le père.

P25 : La nuit, Louis va dans la chambre du procureur. Ce dernier était éveillé et l’attendait un pistolet à la main. Il allume un chandelier. L’ami de Louis, grimpé sur un arbre, voit alors ce qui se passe dans la chambre. Il soupire, énervé, puis saisit une petite fronde dans sa poche et projette un caillou contre la vitre de la pièce.

P26 : Le procureur tourne la tête vers la fenêtre. Louis en profite pour lui frapper violemment la main et lui appuie un chiffon qu’il avait imbibé d’éther avant d’entrer sur la bouche et le nez.. Le procureur s’endort. L’ami de Louis descend de son arbre satisfait.

P27 : Louis entend alors des lamentations dans une pièce adjacente. Il y trouve une femme alitée, exténuée, crachant du sang. Elle fait partie des filles de bonnes familles qui sont données en offrande à la famille Montrond, afin de perpétuer leur lignée.

P28 : Mais elle n’a pas eu la chance d’être choisie pour l’aîné. Ses fils à elle lui ont été enlevés un à un, le jour de leurs six ans. Alors on leur a mis des poids aux pieds. Puis à 14 ans, on leur a coupé la langue. Ainsi, personne ne se plaint. Elle demande à Louis de mettre fin à ses souffrances. Il s’exécute.

P29 : Le procureur se réveille ligoté sur une chaise, placé au-dessus d’un petit bûcher, entouré d’un cercle de pierres. Face à lui, Louis lui dit qu’il va mettre le feu au bûcher, afin qu’il brûle comme la rage et la haine lui brûle le cœur et l’âme. Le procureur lui lance de nombreuses insultes, vocifère.

P30 : Louis le bâillonne, met le feu au bûcher, le regarde brûler. Son ami, à l’abri dans les fourrés, regarde la scène le sourire aux lèvres. Il s’en va. Louis ne tarde pas à faire de même. 

P31 : Discussion avec son ami. N’est-ce pas dément comme vengeance ? Ne se conduit-il pas pire que ses anciens bourreaux ? – Les hommes restent sur la berge du lac ; ici, seule la barbarie a sa place. Il ne reste plus que l’avocat et les trois jurés qui ne présentent plus de menace tellement ils ont sombré dans la folie, et le patriarche. Il ira jusqu’au bout. Même avec du sang sur les mains ? Même.

P32 : Le lendemain, il trouve dans la matinée l’avocat seul dans sa chambre, complètement ivre. Il le ligote sur le lit, et commence à lui vider dans la bouche les bouteilles d’alcool qui sont légion dans cette chambre. « Souviens-toi des accusés que tu n’as pas défendu parce que tu étais ivre ».

P33 : l’avocat explique son sentiment de culpabilité qui l’a très vite rendu alcoolique. Puis Louis recommence à lui verser l’alcool dans la bouche, jusqu’à ce qu’il sombre. 

P34 : Le père reste mutique dans la salle du jugement, tandis que les 3 jurés sont à moitié fous. Il rumine cette histoire de Louis de Valvermeil. « Père, tu as déshonoré notre nom en engrossant cette catin de Valvermeil. Elle n’était pas digne de toi, on l’avait donnée à ton jeune frère. Nous payons aujourd’hui le prix de ton péché. La tuer n’a pas suffi. Pourquoi as-tu voulu épargner l’enfant ?

P35 : Louis et son ami attrapent les 3 jurés un par un puis les endorment.

P36 : Louis vérifie qu’aucune femme ne soit enfermée dans des pièces annexes : le vieux juré n’a pas de femme, un des jeunes non plus ; chez le troisième, il ne trouve pas de femme mais un enfant d’une douzaine d’années complètement terrorisé. Il le libère. L’enfant s’enfuit en criant, on ne le reverra plus.

P37 : Les trois jurés se réveillent ligotés chacun à un arbre. Dans leur délire, on apprend que parmi eux, seul un était présent au procès de Louis. Il les a ligotés comme lui l’a été enfant, il y a vingt ans de cela, exactement au même endroit.

P38 : Son ami dit à Louis que ça ne sert à rien de les tuer. Ils sont complètement déconnectés de la réalité, plus bons à rien. La vengeance, oui ; la cruauté, même, il peut la comprendre. Mais sombrer dans une folie meurtrière, ça ne servirait à rien, si ce n’est à prouver qu’il ne vaut pas mieux qu’eux. Louis accepte de ne pas les tuer ; qu’il les assomme avant de les détacher : il reste encore le père à tuer, il ne faut qu’ils puissent interférer.

P39 : Louis retrouve le juge suprême dans la salle de jugement.

P40 : « Vous savez qui je suis, je présume. – Oui, Louis, je sais. Ainsi donc tu es de retour. J’aurais dû te faire tuer dès que j’ai lu la lettre de ton père. – Vous auriez dû, effectivement. Mais vous avez été négligent, comme vous l’avez été il y a vingt ans. Ce n’était pas prudent de me laisser mourir seul ».

P41 : Un paysan braconnier venait de temps en temps sur l’île, où le gibier est nombreux. Il est tombé sur Louis, attaché à un arbre, à moitié mort de froid et d’épuisement.

P42 : Il l’a recueilli, a quitté le pays avec lui. Bien des années plus tard, il retrouva le père par hasard, et lui fit savoir que son fils était toujours en vie.

P43 : Le père, dépressif depuis le jugement, et atteint de tuberculose, écrivit une lettre à son fils, expliquant tout ce qui s’était passé, ainsi qu’un laisser-passer pour pouvoir aller au manoir et indiquant que son fils avait une requête à formuler, puis se suicida. Louis ourdit alors un plan avec un ami pour venir se venger.

P44-45-46 : « Se venger de quoi ? hurle le père. Nous sommes le Tribunal de la Noblesse. Depuis l’an de grâce 755, depuis que mon aïeul Archibald de Montrond premier du nom a rendu un jugement équitable concernant deux familles nobles de France, nous occupons cette fonction ! Tu crois que toi, petit bâtard, tu peux venir changer le cours des choses ? Inconscient ! 

     « Et pourquoi pas, cher Archibald… ou devrais-je dire mon oncle ?

-         Petit bâtard ! Jamais tu ne seras un Montrond, tu m’entends ! Tu n’es qu’un bâtard, comme ton père !

-         Allons, allons, c’était votre frère, tout de même…

-         Mon père aurait dû en faire un vulgaire domestique ! Au lieu de quoi il a troqué une nouvelle femme pour son frère contre un nouveau fils pour les Valvermeil… Et ces idiots n’ont rien dit…

-         Mais c’est normal, mon oncle, vous êtes la famille Montrond, le Tribunal, la noblesse de France vous obéit sans broncher.

-         Mmph, l’exemple de ton père ne t’a pas suffi ? Nous l’avons broyé !

-         Je sais ce que vous avez fait, j’ai lu l’acte du jugement dans le volume 214. Pour tout ça vous allez payer.

-         Tu ne peux pas faire ça ! Nous sommes le Tribunal, nous ne pouvons pas mourir !

-         Il n’y a plus de tribunal. C’est fini. »

L’ami de Louis entre dans la pièce :

  " Tututut… Ca ne va pas finir déjà, quand même !

-         Marc ? Que viens-tu faire ici ? Laisse-moi terminer ça tout seul !

-         Je sais que je t’ai bien épaulé, Louis, mais je ne vais pas te laisser l’honneur de tuer mon père…

-         Ton ?…

-         Eh oui, tu n’es pas le seul bâtard du Manoir ! Regarde cet homme, qui répréhende la faute chez les autres… Une seule sortie hors de l’île, et voilà qu’il engrosse la bonne du roi Charles X. Au fait, mon père, les conseils que vous lui avez donné ont laissé à désirer…

-         Mais comment ?…

-         Eh bien cette épave décadente qui se tient devant nous était alors un jeune homme bien naïf. Il ne savait même pas que j’existais. Mais moi, je savais qui il était, il me manquait simplement un plan pour arriver jusqu’à lui. Et tu étais là, avec ta mine de chien battu, ne sachant que faire…

-         C’est pour ça que tu m’as poussé… Mais pourquoi ?

-         Pour devenir le nouveau Juge, pardi ! La famille morte – je te félicite au passage pour ton carnage méthodique, ça m’a éviter de me salir les mains – je suis l’héritier légitime, le renouveau du Tribunal. Oh, pardon, il reste toi, également, toi et ton épée ! »

Il tue Louis avec le revolver du procureur que l’on reconnaît. Il se tourne vers son père.

« Une dernière volonté avant que je ne redonne toute sa noblesse à ce tribunal que vous avez souillé et englué dans une tradition obsolète ? »

Le père reste muet, estomaqué par le retour de ce fils dont il ignorait l’existence.

 « Non ? »

Il le tue également d’un coup de revolver. Puis va s’asseoir à la place de son père. On s’éloigne du Manoir, les 3 jurés errent autour, le regard halluciné.

 

Commentaires

Salut Damien,
non, je ne suis pas intéressé pour dessiner (pas trop le temps en ce moment), mais ton histoire est sympa. Par contre, je n'aime pas du tout tes 2 planches découpées. Je pense qu'il vaut mieux que tu laisse faire ce travail par un dessinateur, plus à même de concevoir l'aspect visuel du truc.

2 petites remarques critiques (je ne sais faire que ça) : je trouve dommage l'auberge au début, ça enlève de la force au manoir qui n'est plus la seule maison de l'histoire. Ne serait-ce pas mieux si l'inconnu rencontrait des personnes dans la forêt, à la croisée des chemins, plutôt qu'à l'auberge ?

Puis la fin. J'ai été bien pris par l'histoire, atmosphère glauque réussie (peut-être trop de mort, parce que ça commence à ressembler à Rambo. Faudrait peut-être te concentrer sur quelques uns). Mais j'ai été déçu par la fin, par l'explication. Trop facile, puisqu'elle n'apporte rien de plus à ce que le lecteur avait compris tout au long de l'album. Juste une précision que ce tribunal juge la noblesse.
Il n'y a pas une super révélation qui éclaire toute l'histoire d'un jour nouveau...
Je veux une super révélation...

Mais c'est une bonne histoire, une très bonne ambiance, avec du fantastique juste soupçonné.

Elle me fait penser à un téléfilm que j'ai vu dans ma jeunesse il y a 15 ans (et oui), ou une homme de passage dans une maison se fait juger par toute la maisonnée, et condamné à mort, mais au matin, on lui dit que tout ça c'était une blague. Au moment de prendre congé et de rentrer en voiture, ses hôtes lui remettent un rouleau contenant la sentence, qu'il prend avec sourire. Puis sur la route, le rouleau glisse sous la pédale de frein, et pan dans l'platane. Sympa, non ? où est le hasard, ou es le fantastiques ?

Ecrit par : Abélar | 14.04.2007

Merci Abélar pour ton commentaire !

Pour reprendre point par point tes critiques (qui sont les bienvenues !)

- Les storyboards que je fais ne sont là que pour donner une vision plus précise de comment je vois l'histoire. Elles n'ont pas vocation à être scrupuleusement respectées ; si le dessinateur voit qqch de mieux, la porte est ouverte !

- Je n'avais pas fait le lien entre le manoir et l'auberge. C'est vrai que ce serait mieux si la seule batisse de l'histoire restait le manoir. Je vais troquer le tôlier et la vieille pour un vieux couple de paysans qui voient régulièrement passer les fiacres alors qu'ils travaillent dans leur champ.

- C'est vrai que ça fait un peu carnage ! Je pense que les trois jurés vont simplement devenir fous. Il faut que je trouve une bonne raison à ça. Un poison, qui sait ?

- Oui, je sentais bien qu'il manquait qqch à l'histoire pour qu'elle devienne vraiment prenante. La fin est sans doute un peu mollassonne. Il faut que je la revoie, je suis d'accord avec toi. Un challenge !

Merci pour toutes tes remarques, et si jamais tu as un peu de temps libre un jour, n'hésite pas à apporter ta contribution, ne serait-ce que des illustrations ou des speed paintings inspirés par l'histoire, je me ferai un plaisir de les poster !

En tous les cas, ça fait plaisir d'avoir des retours. Mes conversations avec Gibral sur la Castro me poussent à améliorer l'histoire, tout comme tes commentaires vont me permettre d'améliorer le Manoir.

Bonne continuation à toi !

Ecrit par : damien | 14.04.2007

Désolé pour mes critiques lapidaires (je ne mets pas de gants). Mais c'est vrai qu'une histoire peut toujours être améliorée, et que des regard extérieurs décèlent tout de suite les points faibles, ou les choses pouvant êtres performées.

Maintenant, que je la relis, tu pourrais démarer par une scène "spéciale", incompréhensible, une petite action d'horreur, comme une femme (la mère) se faisant couper la tête par exemple, ou quelqu'un sur un bûcher lançant une malédiction, quelque chose de court, 1 page, mais intense. Celà plutôt que de voir en preview le manoir. Ce serait mieux de réserver la surprise, surtout que les paysans rencontrés en route vont en dresser un tableau lugubre, qui jouera donc mieux avec l'imaginaire du lecteur si celui-ci ne l'a pas vu auparavant. Il faut que la première vision du manoir soit une claque.
Sinon, pour t'inspirer pour donner plus de corps et de volume à cette histoire, je pense aux 10 petits nègres d'Agatha Christie (à relire) et au "bracelet de vermeil". C'est un romans pour adolescent des années 40-50, esprit scout de l'époque, mais dont la trame peut t'apporter des réponses.Si tu as le temps, ça vaut le coup de le lire (en 3-4 heures) pour y puiser quelques trucs.
Puis dès que ton histoire est au point, on verra ce qu'on peut en faire graphiquement.

Ecrit par : Abélar | 14.04.2007

Et une modif, une ! Je vais effectivement relire les 10 petits nègres (c'est d'alleurs le seul agatha christie que j'ai lu étant môme... un signe ?). L'autre roman, je ne caonnsi pas du tout, je vais voir si je peux le trouver.

Et encore merci pour les commentaires !

Ecrit par : damien | 15.04.2007

A lire aussi "Monsieur Noir", de Griffo et Dufaux, à moins que tu connaisse déjà. (faut pas avoir peur de trop lire, quand on est scénariste. En disant ça, je pense à Jodorowsky, dont je déteste les 3/4 des histoires, mais il a ingurgité des tonnes de bouquins, et il en ressort des choses très perso, très solides, et vraiment dignes d'intérêt).
Pour en revenir au Bracelet de Vermeil, c'était un petit best seller en son temps ; l'histoire de 2 ados qui se rencontrent dans un camp scout. Ils se lient d'amitié. L'un a un bracelet que lui a remis son père sur son lit de mort en lui faisant promettre de réaliser sa mission. Quelle mission, et que signifient les chiffres inscrits sur le bracelet ? Christian va aider Eric à élucider le mystère. Au fur et à mesure de l'avancée de l'histoire, on découvre que la famille de l'un (Eric) a été persécutée par la famille de l'autre (Christian), et que depuis 3 siècles, pour prendre leur revanche, le détenteur du bracelet doit exécuter un membre de la famille de christian à la date inscrite sur le bracelet. Cas de conscience entre le devoir, l'honneur, et l'amitié, la réalité humaine. Voilà, ça apparaît un peu trivial, comme ça, mais tout ce qui entoure le mystère et la tradition du règlement de compte est très bien fait. La fin heureuse va avec le public et l'époque. Que ça ne te permette pas de faire l'économie de le lire.

Ecrit par : Abélar | 16.04.2007

Oui, je connais "monsieur noir" : ça me rappelle d'ailleurs de bons souvenirs, quand je fouinais dans les bacs de BD de la médiathèque de Nantes. Mais bizarrement, je n'ai lu que le tome 2, impossible de trouver le 1er ! Il va falloir que je l'achète, un jour ou l'autre. J'ai adoré le 2ème tome, toujours.

L'histoire du bracelet a effectivement l'air intéressante, et semble présenter de manière originale les lutttes séculaires dont on est souvent témoin en littérature.

En faisant les modifications du manoir, je n'ai pas voulu tomber dans la guerre éternelle. Remonter à deux générations m'a semblé bien suffisant. En revanche, dans l'option fantastique que je n'ai pas encore développée, je pourrais penser à inclure qqch du genre.

L'écriture est vraiment qqch de passionnant !

Ecrit par : damien | 16.04.2007

2 autres critiques (je sais aussi être positif, mais ça ne fera pas avancer le schmilblick) :
1- toujours "bof" pour la fin de l'histoire modifiée ; je m'explique : le lecteur est tenu en haleine tout le long du récit, et rongé par la curiosité : "mais pourquoi le héros tient-il tant à se venger ?..." Et lorsqu'on a la solution, ce n'est pas une super révélation, elle me semble assez banal. En tout cas, on ne dit pas "mais c'était donc ça !!! Si je m'étais douté une seule seconde que... Non!?!! Lui, le neveux du juge !... pas possible.." Bon ,j'en rajoute, mais voilà, on n'est pas comblé par la "solution". En tant que lecteur, on se sent un peu floué (tout ça pour ça...). Remarque, c'est un peu comparable dans les 2 premiers tomes du Marquis d'Anaon de Velhmann, qui ne reposent pas sur une intrigue solide, mais plutôt sur une atmosphère et l'état psychologique du héros (ce qui ne sera pas le cas, puisque le héros est et reste un inconnu pour le lecteur, froid et implacable). Par contre, le 6e sens (film) ou les 2 premiers volumes de Fog (glénat) ont une fin extraordinaire, qui comble totalement le spectateur/lecteur, dans son désir d'être surpris ou épaté.

2e critique : de façon générale, je trouve qu'il manque un antagoniste, ou tout au moins des difficultés. Tout semble facile au héros qui massacre tout le monde. Peut-être faudrait-il un autre héros ? (comme par exemple une petite, fille du juge, innocente, mais coupable par son sang, et qui verra les événements de façon extérieur au justicier. Mais ceci est une autre histoire, une autre approche...)
Ou peut-être donner plus d'importance au comparse, qui est-il ?

Ecrit par : Abélar | 18.04.2007

Arf ! Tu es dur ! Mais je ne peux que reconnaître la justesse de tes remarques. J'espère que je finirai par pondre une histoire qui tient la route sur toute la longueur !

Donc, petit contretemps avec le procureur, l'ami a un comportement parfois un peu ambigüe, et nouvelle révélation à la fin. Mais du coup, je pense que la fin est assez lourde, avec tous les dialogues (qu'il faut que je revois, d'ailleurs). Alors que le reste est assez bourrin. Il faudrait que je trouve le moyen d'alléger un peu. Mais comment faire en ménageant le suspens ? Mmmh... au boulot Damien !

Ecrit par : damien | 18.04.2007

Dsl pour le temps que j'ai pris pour te répondre...
Donc pour faire bref j'ai lu assez rapidement 'le manoir' et globalement l'histoire me plait, meme si il me faut des eclaircissements pour bien appréhender l'histoire et de plus j'ai feuilleté tes "AGON" et j'avoue etre plus sensible au genre que tu y développes, en effet le fantastique m'attire plus même si le thriller est assez séduisant... enfin si tu cherche toujours un dessinateur pour quelque projet que ce soit on en reparle car je suis intéresser...

Ecrit par : Def | 19.04.2007

C'est mieux, y a de l'idée.
Par contre, je trouve que le fils ainé se laisse tuer un peu facilement. Il devrait résister un minimum pour que ce soit crédible (on a tous un minimum d'instinct de survie). M'enfin, c'est un détail.

Plus sérieusement, c'est le choix général de la naration qui me dérange, l'angle par lequel on suit l'histoire, pour que l'ambiance et la terreur soient à leur maximal... Suit-on le héros, ou suit-on les membres de la famille avec la terreur qui grandit et les submerge ? Alien 1 (avec une monstre quasiment invisible jusqu'à la fin), de même que les 10 petits nègres, puisqu'on ne sait pas qui est le meurtrier, ou Rambo qui se tape ses agresseurs l'un après l'autre. Tu pourrais orienter l'histoire vers plus de suspense, style Agatha Christie, avec un gars convié à une réunion de famille, et les meurtres qui s'enchaînent. Mais c'est totalement un autre angle, et c'est peut-être trop copié sur A. Christie...

Puis promis, dès que j'ai abouti un peu plus scénar, je te le fais lire pour que tu puisses te venger...

Ecrit par : Abélar | 19.04.2007

L'aîné se laisse tuer tout simplement parce que c'est un faible. On peut raisonnablement penser que si on ne possède pas la même haine du péché que le juge, et si l'on est habitué à rendre la jsutice de manière confortable, sans contradiction possible, on peut devenir mou du genou. Surout que le péché, justement, est entré dans la famille deux générations plus tôt avec la relation presque incestueuse du père du juge, puis par la faiblesse du juge lui-même qui a succombé aux charmes d'une vulgaire bonne. Le ver est dans le fruit, donc.

Quant au suspens, je développerai sans doute un peu plus la vision des habitants du manoir. Je verrai ça quand je me pencherai sur les storyboards. Si tu fais attention, il y a souvent de petites références à la vie interne du manoir, mais tel que c'est présenté, ça donne l'impresion que tout se passe autour de Louis. Mais c'est clair qu'en suivant uniquement la vie à l'intérieur, je risquais de me retrouver avec un huis-clos à la dix petits nègres.

Je préfère raconter une vengeance sanglante, engluée dans de sordides histoires de famille, et qui se fait trahir au dernier moment. L'ambiance dépendra alors aussi grandement du dessinateur/coloriste. Après tout, une BD, c'est du texte ET des images.

Ecrit par : damien | 24.04.2007

Les commentaires sont fermés.