27.04.2007

Découpage du pouvoir des mots

P1 : Jean, Margot et Georges, deux frères et une sœur, sortent de l’école. Les vacances d’été commencent. Ils vont se balader dans les champs alentours. Ils vont s’allonger dans l’herbe, près de la rivière. Ils rêvassent, se racontent des histoires.

P2 : Il se fait tard, ils décident de rentrer chez eux. Ils continuent d’inventer des histoires, des mots nouveaux pour nommer ce qu’ils ne connaissent pas, les lieux qu’ils apprécient.

P3 : Cette fantaisie est durement réprimandée par leurs parents. Agriculteurs, ceux-ci ne disent pas grand chose : à table ils disent bien « passe-moi le sel », mais tout cela reste décidément sans saveur. 

P4 : Les enfants vont se coucher après le repas, et recommence dans leur lit à se raconter des histoires extraordinaires.

P5 : Le lendemain, ils vont voir leur ami Mr Dubois, le bibliothécaire. Ils passent souvent de longues heures avec lui, dévorant toutes sortes de livres et en discutant tous ensemble.

P6 : Le soir du deuxième jour des vacances, un Raconteur est sur la place du village, et commence à raconter aux enfants et quelques adultes rassemblés autour de lui l’histoire du Nuage de Brume.

P7-P8 : Au commencement, il y eut le verbe. Toutes les créatures vivant sur Terre le cultivaient, jouaient avec, le tordaient même parfois mais toujours le respectaient. Mais le verbe fut détourné par un esprit malin. Celui-ci voulut soumettre tous les mots à sa volonté, pour en tirer tout le pouvoir possible. Alors trois esprits se levèrent, et par les mots purs éblouirent tellement l’esprit malin qu’il dut se cacher dans un nuage de brume pour pouvoir s’échapper. On n’a plus jamais revu l’esprit malin, mais le Nuage de Brume continue toujours à hanter les cauchemars des hommes, et à instiller la haine, le mépris et l’intolérance dans les esprits faibles qu’il aspire. Un jour sans doute, les trois esprits de lumière le trouveront et l’affronteront une nouvelle et dernière fois.

P9 : Une fois l’histoire terminée, les enfants s’en vont, le Raconteur reste seul, mange un maigre repas, éteint le feu.

P10 : Alors une ombre menaçante s’approche, écrit sur un parchemin « J’égorge » : le parchemin se transforme alors en une immense hache que le personnage empoigne pour trancher la gorge du Raconteur, qui s’est retourné mais trop tard pour esquiver le coup. Puis la hache redevient papier.

P11 : Le lendemain, le gendarme trouve le corps et le papier. Il y a bien sûr un attroupement. Mr Dubois y est. Il regarde le corps et le papier, puis s’en va, l’air apeuré.

P12 : Apprenant la nouvelle à leur réveil, les trois enfants vont voir Mr Dubois à la bibliothèque. Ils l’y trouvent bien préoccupé : est-ce à cause du meurtre ? Oui, il est allé sur les lieux du crime, et y a vu le parchemin inscrit de ce mot terrible, « J’égorge ». Les enfants ne comprennent pas.

P13 : Il leur explique alors que les gens ne s’en rendent pas compte, mais les mots sont précieux. Les enfants acquiescent : leurs parents sont pauvres de mots, ils ne parlent quasiment plus, ou alors pour dire des choses sans intérêt. Mr Dubois prend la défense des parents des trois enfants : ce sont des gens humbles qui font ce qu’ils peuvent pour le bien de leurs enfants ; ils mènent une vie dure et pénible, et ils ont fini par oublier la poésie du monde ; mais plus jeunes, ils venaient souvent, eux aussi, à la bibliothèque.

P14 : Mr Dubois continue son explication : les gens n’ont pas conscience de l’importance et du pouvoir des mots, aussi certaines personnes font leur possible pour garder les mots existant, tous les mots, vivants, et pour accueillir les nouvelles créations. Le bibliothécaire en profite d’ailleurs pour remercier les trois frères pour tous les beaux mots qu’ils ont inventés. Les enfants sont de plus en plus interloqués.

P15 : Le bibliothécaire poursuit : ces personnes luttent également pour éviter que l’on fasse un mauvais usage des mots qui peuvent aussi s’avérer dangereux. Mr Dubois fait parti de ces personnes. Or il se trouve qu’un des Fils de Byblos, car tel est le nom de la confrérie regroupant ces gardiens des mots, le Comte Malcolm de Labrume, avait compris le pouvoir qu’il pouvait tirer des mots.

P16 : (on passe alternativement du discours de Mr Dubois à la lutte entre Malcolm et les Fils de Byblos) Son amour pour eux s’était petit à petit transformé en désir de les plier à sa volonté. Il est alors devenu maléfique, et la Confrérie a dû le neutraliser. Cela s’est passé il y a bien longtemps. Mais le parchemin sur la scène du crime, ça ne pouvait être que lui. 

P17 : Il avait dû prendre ses précautions avant d’être enfermé dans un parchemin scellé par les sages des Fils de Byblos, en laissant derrière lui un parchemin maléfique. Quelqu’un l’aura trouvé, sera tombé en son pouvoir et l’aura libéré. Le Comte Malcolm, maître des mots interdits, est donc de retour, et la Confrérie n’est plus composée que de vieux hommes, car plus personne ne veux prendre la relève depuis de nombreuses années.

P18 : Malcolm, lui, a le secret de la jeunesse. Et il est apparemment décidé à éliminer les membres de la Confrérie qui l’a emprisonné, les uns après le autres. Le Raconteur était un Fils de Byblos. Les enfants veulent aider leur ami bibliothécaire. Celui-ci reste sceptique, car pour vaincre Malcolm ils devront aller voir le Poète du Haut de la Colline, à la Bibliothèque des Cigales. S’il y a quelqu’un qui peut stopper sa folie meurtrière, c’est bien lui. 

P19 : Mais c’est un long voyage, et le Comte tentera certainement de les en empêcher. Les enfants insistent, et ma foi, il n’y a pas d’autres solutions dans l’immédiat. Mr. Dubois accepte donc leur aide.

P20 : Il appose sa main sur le front des trois enfants, en prononçant une formule incompréhensible : ils sont désormais Fils de Byblos, ce qui leur confère le pouvoir des mots. Un bien faible pouvoir comparé à celui de Malcolm. La Bibliothèque des Cigales se trouve au sud du village, à bien des lieues de là. La route sera longue, les enfants feraient mieux d’aller dormir. Les enfants rentrent chez eux. Le bibliothécaire reste seul, l’air triste et apeuré.  

P21 : Au milieu de la nuit, les trois frères décident de partir tout de suite, car de jour, fuguer sera plus difficile. Et puis plus tôt ils partiront, plus tôt ils pourront stopper le Comte Malcolm. Mais comment sortir sans réveiller les parents ? Ils ont le pouvoir des mots !

P22 : Georges pense alors très fort à une corde pendant à la fenêtre de leur chambre tout en répétant à haute voix « une corde par la fenêtre » plusieurs fois : une corde apparaît alors ; il semble facile aux enfants d’utiliser ces nouveaux pouvoirs, et ils descendent par leur fenêtre grâce à la corde.

P23 : Malcolm quant à lui a senti la présence de nouveaux Fils de Byblos au village, et se trouve nez à nez avec eux sur la place. 

P24 : Les enfants tentent d’utiliser de nouveau leur pouvoir, mais ça ne marche pas. Il n’est finalement pas si facile de les employer ! Malcolm s’apprête à les tuer quand Mr Dubois intervient.

P25 : S’ensuit une terrible bataille de mots. Le bibliothécaire finit par succomber, en réussissant toutefois à faire disparaître Malcolm.

P26 : Dans ses derniers instants de vie, il confie à Georges son stylo plume, ainsi que quelques morceaux de parchemin vierge. Comment les utiliser ? demande Georges. Fais ce que voudra sera la seule règle, répond le bibliothécaire avant de mourir. 

P27 : Les enfants s’en vont, Georges se demande bien ce qu’à voulu dire Mr Dubois. Sur le chemin, ils discutent de leurs nouveaux pouvoirs. Pourquoi n’ont-ils pas pu faire face à Malcolm ? Une voix retentit alors : parce que vous ne pensiez pas ce que vous disiez !

P28 : Ils découvrent alors l’Ermite, qui pêche tranquillement dans la rivière qui longe le chemin. Ils s’approchent et commencent à discuter avec lui. Dire tout ce qui nous passe par la tête sous l’effet de la peur, ce n’est pas utiliser le pouvoir des mots.

P29 : Chaque mot pensé et prononcé a son importance et doit être mûrement réfléchi. Car un mot prononcé avec conviction et passion est une arme redoutable. Jean surtout est impressionné par les paroles de l’Ermite. Ils doivent poursuivre leur route, et le laisse pêcher. 

P30 : Il faudra sûrement s’entraîner, pensent les enfants alors qu’ils se sont arrêtés manger dormir. Jean reste éveillé plus tard que ses frères. Il regarde fixement le feu, quand soudain il prononce (après-midi d’un faune ;  ses purs ongles très haut ; apparition)

P31 : Il se retrouve alors projeté dans un univers fantasmagorique durant un bref instant. 

P32 : Après quelques jours de voyage, les trois enfants arrivent dans une grande ville. Sur la place centrale, un Prédicateur harangue la foule, accroché à son livre hors duquel tout est mensonge et hérésie.

P33 : Il aperçoit les enfants. Il les montrent au doigt et les insulte. Margot alors s’effondre dans les bras de Georges. Celui-ci répond alors aux accusations du Prédicateur, mais ce dernier tire de son livre des sentences qui commencent à affaiblir le garçon.

P34 : Malgré les efforts de Georges, qui tente de combattre cette croyance qui ne doute pas, Il se sent de plus en plus mal, et le Prédicateur est lancé dans une anathème terrible. Alors Jean brûle d’un vers le Livre, ce qui a pour effet de faire tomber le Prédicateur.

P35 : Sans son Livre, il n’est plus rien, les gens qui assistaient à son discours s’en vont, il n’a plus aucune influence sur personne. Jean s’occupe alors de son frère et de sa sœur, très faibles. Un Saltimbanque qui a assisté à la scène vient à sa rencontre. 

P36 : Avec son aide, Jean transporte ses frères hors de la ville, dans un champ alentour. Au contact du saltimbanque, les deux enfants retrouvent vite leur force, particulièrement Margot. Le Saltimbanque commence alors à leur raconter une histoire, pendant qu’ils mangent autour d’un feu de camp.

P37 : Alors Margot se trouve projetée au sein de l’histoire, et y rencontre le Saltimbanque, qui lui dit qu’il ne faut pas douter du pouvoir de l’imagination. Où qu’elle soit, ce pouvoir l’entoure, en communion avec le monde, elle le sentira.

P38 : A la fin de l’histoire, Margot et le Saltimbanque échangent un regard complice. Puis tout le monde dort, sauf Margot, qui a les mains bien enfoncée dans l’herbe, regardant les étoiles en souriant. 

P39 : Le Saltimbanque poursuit sa route, les enfants aussi. Ils ne sont plus très loin de la Bibliothèque des Cigales. Sur le chemin, ils croisent un individu bizarre qui fait de grands pas en mesurant on ne sait quoi à l’aide d’une toise. Les enfants s’approchent et lui demandent ce qu’il fait.

P40 : L’homme les regarde de haut, et commence à expliquer de manière confuse qu’il mesure l’ombre de l’arbre afin de compter le nombre de pommes. Petit à petit, la conversation s’envenime, et le Sorbonagre tente d’empêtrer les enfants dans son discours.

P41 : Georges tient bon, et tente tant bien que mal de réfuter les théories fumeuses du Sorbonagre. Puis Margot se met à inventer des théories tout aussi fumeuses, mais fantaisistes et plaisantes, à la mode cyranienne. C’est alors au tour du Sorbonagre d’être décontenancé.

P42 : Pour finir, Jean assène une sentence poétique (Mythe de Sisyphe). Le chapeau du Sorbonagre (de ceux que portent les étudiants américain lors de la remise des diplômes) fond sur son visage. Il est désormais aveugle, et tente de se laver le visage à l’eau de la rivière.

P43 : Après cet épisode déplaisant, les enfants s’arrêtent à une auberge. Dans un coin sombre, un homme les observe. Ils sont sur leur garde, sachant dorénavant qu’il faut se méfier des nouvelles rencontres. 

P44 : L’homme leur demande s’ils sont d’accord avec une certaine théorie. Les enfants, toujours méfiants, répondent que non. En sont-ils sûrs ? Georges répond qu’il se méfie des certitudes, mais jusqu’à preuve du contraire, ils ne sont pas d’accord avec sa théorie.

P45 : L’homme se lève alors et vient vers eux en disant qu’ils ont bien raison. A lui aussi cette théorie semble fumeuse. Il est Philosophe. Il félicite Georges pour sa pratique du doute. Ce sont les trois enfants Fils de Byblos, n’est-ce pas ? Il est lui aussi Fils de Byblos.

P46 : Entrent alors avec fracas des guerriers de Parchemin, envoyés par Malcolm. Le Philosophe est un redoutable combattant aux mots vifs et acérés. Les enfants ne sont pas en reste.

P47 : Georges surtout est impressionné par le Philosophe. Comment fait-il pour ciselé ses mots ainsi ? Le doute et la curiosité, l’émerveillement face au monde forgent une pensée claire, procure une force aux mots. Georges a déjà le stylo de Mr Dubois. Le Philosophe lui donne alors son carnet de pensées. Qu’il en fasse bon usage.

P48 : Les enfants, bousculés par cette altercation inattendue, décident de presser le pas. Ils ne sont d’ailleurs plus très loin de la Bibliothèque. D’ici la fin de la journée, ils seront arrivé à un petit village, et la Colline se trouve pas très loin derrière. Ils arrivent au village la nuit tombée.

P49 : Le chef du village, Mr Verme, les accueille chaleureusement et leur propose de venir se reposer chez lui. Sa femme est excellente cuisinière ! Les enfants acceptent avec joie, fourbus qu’ils sont par leur voyage.

P50 : Tous mangent et discutent gaiement, jusqu’à ce que les enfants disent qu’ils vont à la Bibliothèque des Cigales. Alors Mr Verme prend une minde sérieuse, et leur conseille d’aller se reposer, car le voyage a dû être long et pénible.

P51 : Pendant que les enfants s’endorment, Mr Verme sort de chez lui, et retrouve Malcolm. Il dit au sombre seigneur des mots interdits qu’il indiquera un faux raccourci aux enfants.

P52 : Il s’exécute le lendemain, et les enfants ne se doutent de rien. Après une heure de marche, ils se retrouvent dans un cul-de-sac, et Malcolm apparaît alors. Il leur explique la fourberie de Mr Verme, qui a un don pour tromper les gens par des morts doux et réconfortants. Il leur promet une mort rapide.

P53 : Les enfants esquivent toutes les attaquent de Malcolm, puis grâce à leurs nouveaux talents le mettent en péril à son tour, assez pour réussir à s’échapper.

P54 : Ils parviennent alors à atteindre la Bibliothèque des Cigales, qui ressemble à un grand moulin à vent. Malcolm reprend se sesprits et convoque toute une armée de parchemins.

P55 : Hélas, le Poète du Haut de la Colline est mort. Ils lisent dans ses mémoires que la puissance défaillante des mots n’était plus assez forte pour le maintenir en vie. Et il n’a pas voulu toucher aux Flacons de poésie, qui auraient pu lui donner la vie éternelle. Car les Fils de Byblos, contrairement à Malcolm, n’imposent pas leur volonté aux mots. Il s’est contenté de garder les Flacons à l’abris, recueillant toujours plus de poésie en sa bibliothèque : tel était son rôle.

P56 : Se voyant encerclés, les enfants de demandent que faire. Jean décide alors de déboucher les Flacons de poésie. Puisque les maux veulent être plus forts que les mots, et même si déboucher les Flacons peut se révéler dangereux selon les écrits du Poète, les trois enfants décident de courir le risque. Ils iront jusqu’au bout.

P57 : Alors que Malcolm lance son attaque, ils débouchent un à un tous les flacons. Les parchemins de poésie libérés dégagent une puissance extraordinaire, créant une tempête qui détruit tous les guerriers de parchemin, et finissent par se coller à Malcolm, ce qui le fait exploser. 

P58 : Les enfants eux sont saufs, les parchemins tournent autour d’eux, mais ne les attaquent pas, puis disparaissent dans la nature. Malcolm est défait, mais tous les flacons sont vides, il ne reste plus rien dans la Bibliothèque.

P59 : La nuit, dans leur rêve, les trois enfants se retrouvent ensemble face aux trois esprits de lumière qui ont jadis combattu l’esprit malin. Au vu de leur victoire, ils font des enfants les Dignes Fils de Byblos héros légendaires de la Confrérie qui les reconnaîtra comme chefs. Ils ont pour mission de re-poétiser le monde.

P60-P61 : Jean deviendra, plus tard, le Poète du Haut de la Colline, reprenant le travail à la Bibliothèque des Cigales. Georges s’installera à la capitale (sans la nommer, Paris, avec ses références littéraires et culturelles, aussi bien savantes que populaires) tandis que Margot choisira le bord de mer (sans la nommer, la Bretagne, avec ses contes et légendes). Tous trois travailleront à la tâche qui leur a été confiée.

23.04.2007

Deus ex urbe

Découpage du premier tome des Chemins d'Agon, série introductive des Mondes d'Alekhya !

 

Tome 1 : Deus ex urbe

P1 : Un personnage surplombe une salle de palais déserte sur son trône de pierre. Il va nous raconter son histoire

P2 : Dans le futur, la société est devenue "parfaite" : le chômage, la maladie, la pauvreté, la corruption, tous les maux ont disparu ; une génération particulièrement performante de droïdes a également réussi à éradiquer complètement la criminalité. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, donc.

P3 : Seulement, dans cette société du bonheur, les gens s'ennuient, ennui aboutissant même à une vague de suicides jamais vue auparavant. Aucun des experts consultés par les gouvernements n’y peut rien, aucune « révolution sociale » ne vient améliorer la situation. Quand une nuit, la magie revient sur terre sans crier gare, dans un éclaire de lumière

P4 : Et avec elle tous ses corollaires : artefacts, créatures, pouvoirs... Les nouveaux-nés sont des croisements d’humains et de trolls ou d’elfes. De plus, alors que la Terre était urbanisée à presque 98 %, des zones entières disparaissent pour laisser place à une nature sauvage, où la magie règne en maître ; les zones disparues sont en fait déplacées en d'autres endroits du globe de manière aléatoire, ce qui provoque de nombreux dégâts ; ajoutez à cela une détérioration totale des systèmes électroniques (comptes bancaires, réseaux d'informations, systèmes militaires,  ...) par la vague de magie, s'ensuit que la société parfaite mais fade se transforme en une vaste jungle urbaine où la loi du plus fort refait surface.

P5 : Agon et Logan transportent un chargement de droïdes pour milice mis hors d’état à cause de leur source d’énergie instable. Ils l’amène au Gros, un revendeur louche mais qui paye bien.

P6: alors qu’ils commencent à décharger leur camion, ils assistent à une course poursuite violente entre deux groupes.

P7-P8 : Les coup de feu pouvant potentiellement faire exploser la cargaison de droïdes, ils courent se mettre à l’abri dans le magasin du Gros, et entendent les cris des deux groupes. L’un des poursuivis crie à ses compagnie de continuer, il les ralentira, il faut préserver le Calice, tout l’avenir en dépend.

P9 : La fusillade est terminée. La police locale vient se rendre compte des évènements. Les deux amis laissent les droïdes du Gros décharger. Le camion n’est pas à eux…

P10 : Mais un des blessés interpelle Agon. Il faut sauver le Calice… l’homme meurt. Il a un tatouage étrange sur le poignet. Un vieil homme assiste à la scène de loin. Il baisse son chapeau à larges bords et s’en va.

P11-P12 : Agon est le chef d’une communauté de laissés-pour-compte. Il les fait vivre de ses menus larcins. Il retrouve sa compagne Sarah, règle les affaires courantes et explique ce qui s’est passé.

P13 : La nuit, Agon rêve du Calice. Il est appelé dans son rêve par une lumière ; il voit également le visage d’un vieillard (le même que celui qui a assisté à la fusillade).

P14 : A partir d’alors il est obnubilé par ce calice, dont il cherche les traces partout, et délaisse sa communauté, contre l’avis de ses amis.

P15 : Alors qu’au plus bas de sa forme il végète dans un bar au comptoir, un client s’installe à côté de lui et commande : Agon remarque le même tatouage que celui de l’homme de la fusillade. Il décide de le suivre quand il sort du bar.

P16 : Il pénètre alors sans se faire voir dans le bâtiment où l’autre est entré et assiste à une réunion secrète.

P17 : Il apprend alors que le Kal'isz est un artéfact magique contenant un pouvoir immense, et que la communauté chargée de le protéger, constituée des descendants des magiciens de l’Ancien Temps, est divisée : certains veulent seulement le protéger alors que d'autres voudraient utiliser sa puissance pour faire régner l'ordre et la justice. Or le schisme ( la Discorde) a pris ces derniers temps une ampleur tragique.

P18 : La majorité est pour protéger l’artefact. Il va donc leur falloir redoubler de vigilance, notamment dans la région de Karadath, où se trouve la bibliothèque de pierre, qui contient le Testament de Mogar, seul manuscrit permettant de trouver le kal’isz.

P19 : Agon se fait repérer en sortant de la réunion par un des membres. Il réussit à le vaincre, mais celui-ci avant de mourir casse une chevalière qu’il avait au doigt : à partir de maintenant, la communauté sait qu’Agon est au courant de l’existence du Kal’isz, et elle va devoir l’éliminer.

P20 : Agon décide d’aller à Karadath, abandonnant donc encore un peu plus sa communauté, arguant qu’elle peut très bien se passer de lui. Logan et Sarah, tous deux inquiets pour la santé physique et mentale de leur ami, l’accompagne.

P21 : Sur la route pour Karadath, Logan et Sarah tentent de raisonner Agon. Pourquoi cette quête effrénée vers un objet que personne n’a jamais vu ? Pourquoi soudainement cette volonté de pouvoir ? Il ne sait pas. Il sent que le Kal’isz l’appelle. Il sent que son destin est de suivre cet appel, et ne leur a d’ailleurs pas demandé de le suivre.

P22 : la nuit, Agon est de nouveau appelé dans son rêve. Le même vieil homme qui était déjà apparu dans son premier rêve le met en garde contre le pouvoir du kal’isz. Mais pourquoi alors l’avoir appelé ? Ce n’était pas le vieil homme qui l’avait appelé dans son premier rêve, mais le kal’isz lui-même. Jusqu’où ira-t-il pour le trouver ?

P23 : Nos trois amis sont en vue de Supratlantis, mégalopole océanique immergée à 80%. Un dragon vole dans le ciel. Il est monté par sept individus qui ont repéré les trois amis.

P24 : Ils sautent alors du dragon et les encerclent. Ils ont le tatouage au poignet.

P26 : Ces membres sont des mi-sangs, hybrides d’humains et de créatures légendaires. Ce sont des guerriers aguerris qui mettent Agon et ses amis en fâcheuse posture.

P27 : Jusqu’à ce qu’un mystérieux individu débarque et décime littéralement six de ces guerriers. Il s’en prend alors au septième, qui jusque là était resté en retrait.

P28 : Le combat est féroce et spectaculaire. L’inconnu met ce dernier ennemi à genoux. « Je t’avais dit que l’on se retrouverait. – Les Déchus te traqueront ! – Il sont trop occupés à s’enrichir ». Il lui tranche la tête.

P29 : « Pourquoi cette aide ? demande Agon. – Je poursuivais cet imposteur, ce rebelle. Quant à toi, ton histoire ne s’arrête pas là. L’Ancien t’observe de près. Nous sommes appelé à nous revoir, dans une autre vie qui sait ? » Il s’en va comme il est venu.

P30 : L’inconnu rencontre le même vieillard que l’on a vu au début, et dans les rêves d’Agon. Ils discutent. « Son pouvoir n’est pas encore éclos. Mais il a l’air décidé. – Bien, va maintenant, il reste beaucoup à faire. » L’inconnu trace un cercle lumineux devant lui, un passage qu’il empreinte et se referme derrière lui. Le vieux s’en va.

P31 : Les trois voyageurs arrivent aux portes de Supratlantis. Il y a une file d’attente pour les contrôles. On voit une faune hétéroclite.

P32 : Arrivée au poste de contrôle, le garde leur demande de déposer leurs armes. Agon refuse, alors que Logan tente de le raisonner. Un enfant arrive et demande au garde de les passer avec leurs armes.

P33 : Le garde répond que la loi est la même pour tous. L’enfant insiste ; le garde les laisse passer tous les quatre. Qui est cet enfant ? Il a ses entrées, il rend service, on lui rend service… Il se propose de les guider à travers le labyrinthe de la mégalopole.

P34 : Celle-ci est constituée de plusieurs tours, communiquant entre elles par des sas de téléportation, qui en même temps retiennent les eaux de l’océan. Si jamais l’un vient à défaillir, un système de fermeture s’enclenche. Mais ça ne s’est jamais vu.

P35 : ça fait longtemps que l’enfant les balade, sans qu’eux-mêmes sachent très bien où ils vont. Agon empoigne l’enfant et le somme de lui dire qui il est réellement. L’enfant répond qu’il est un ami, il ne veut que les aider, et d’ailleurs le prochain sas les emmènera directement de l’autre côté de l’océan, c’est un raccourci qui évite une trop longue traversée.

P36 : C’est hélas un piège, et les trois amis se retrouvent encerclés par des hommes armés, dans un immense bureau dont les murs sont constitués d’une multitude de sas. Un homme assis à un bureau dit aux gardes de les amener jusqu’à lui.

P37 : L’homme au bureau est le gouverneur du Supratlantis. Mais l’enfant est bien plus important. C’est un Déchu. Le Kal’isz est une menace pour son pouvoir et ses affaires, s’il venait à tomber dans des mains ennemies.

P38 : Le gouverneur est quant à lui membre de la société secrète protégeant le Kal’isz, mais dans le camp de ceux qui veulent utiliser l’artefact. Il propose un marché à Agon et ses amis : s’ils acceptent de travailler pour lui, il leur promet toutes les richesses qu’ils voudront une fois qu’il sera en possession du Kal’isz. La porte derrière lui mène à l’autre rive de l’océan. Sinon, il les tue.

P39 : Agon refuse, provoquant la colère de l’enfant.

P40 : Sous la menace de mort, il tombe à genoux et alors un éclair d’énergie sort violemment de lui.

P41 : c’est la panique chez ses ennemis, apparemment tous les sas ont été désactivés par l’explosion d’énergie. Le générateur se trouve tout près du bureau du gouverneur. Les systèmes de fermetures n’ont jamais été testés et ne pourraient fonctionner de toute manière que pour des pannes locales.

P42 : Profitant de la panique, Logan pousse Sarah et Agon vers la porte de sortie qui n’est pas encore défaillante.

P43 : Ayant repris ses esprits, Agon décide de poursuivre. Sarah demande s’il ne faudrait pas appeler des secours, au cas où il y aurait des survivants. Agon dit que ce n’est pas important, qu’ils se débrouillent.

P44 : On voit les milliers de noyés dans les halls où les eaux se sont engouffrées.

P45 : Retour dans le palais du début. L’homme, Agon, donc, commente la tournure qu’ont pris alors les évènements, qui allaient le mener bien au-delà dans la folie.

 

08.04.2007

"planchisation" du manoir

[EDIT] : Voici une version remaniée suite aux commentaires reçus, ma foi de fort bon conseil. Ca peut encore sans doute être mieux ! Ah, le travail interminable de scénariste...

Le Manoir

 

Planche1 : Un homme demande aux bourreaux d’exécuter la sentence. Ceux-ci empoignent des pierres et lapident une femme jusqu’à la mort. Puis un petit garçon est emmené, qui appelle sa mère.

P2 : Au bord d’un chemin, un inconnu s’est arrêté parler à un couple de paysans qui travaillent leur champ. Ils lui disent qu’on ne parle qu’avec terreur de la demeure qui se trouve sur l’île, où il veut se rendre. Malgré leurs avertissements, l’inconnu poursuit sa route vers l’île.

P3-P4-P5 : Arrivé aux berges du lac, il rencontre le passeur auquel il présente une lettre. Celui-ci acquiesce, se retourne, et alors notre homme l’égorge. Il est alors rejoint par un ami, à qui il avait demandé de rester caché là avec armes et provisions. Ils remarquent que le passeur a des poids de plombs aux chevilles. Les deux s’embarquent vers l’île, et en profitent pour mettre par dessus bord le passeur qui sombre dans les eaux glacées.

P6 : L’inconnu et son ami se séparent. L’inconnu se présente donc seul à la demeure, une imposante bâtisse mélangeant style moyen-âge et renaissance, muni de la même lettre qu’il avait montrée au passeur. Une vieille dame ouvre la porte.

P7 : elle l’accueille, l’air surprise : la lettre est signée d’un noble qui indique que son fils quémande une faveur au Tribunal. Le souper sera servi d’ici peu. 

P8-P9 : on voit la famille rassemblée pour le souper. Elle est composée du père, de la mère, de quatre de leurs fils et de deux oncles. Quelques réflexions, des sous-entendus provoquent une certaine gêne. L’inconnu dit qu’il formulera sa faveur le lendemain midi ; des propos s’échangent entre lui et ses hôtes.

P10 : Tous vont se coucher. Sur le chemin vers leur chambre, la mère et le père : « vous saviez que Louis avait eu un autre fils ? Non, pas à ma connaissance… »

P11 : Pendant la nuit, l’inconnu, va dans la chambre du fils aîné : ne le reconnaît-il pas ? Non. « Je suis le fils de Louis de Valvermeil, et de Rose Chouan ». L’aîné reste bouche bée. « Toi ? Mais… Tu es mort ! Il y 20 ans que nous t’avons jugé… ». Il s’agrippe à un livre.

P12 : On assiste à un bout du procès des parents de l’inconnu, auquel il était présent.

P13 : L’inconnu sort une arme, et ordonne à l’aîné de se pendre avec la corde qu’il lui présente, ce que ce dernier finit par faire. Le livre qu’il agrippait est le livre des règles de la famille : Le père est le juge suprême ; la mère la gardienne de la mémoire de la famille et de ses jugements ; le fils aîné est le juge adjoint, appelé à devenir Juge Suprême à la mort de son père ; les deux benjamins sont le procureur et l’avocat ; les trois cadets sont les jurés. Seul la lignée du fils aîné compte. Ses fils seront à leur tour membres du Tribunal, appelés à la demeure à la mort de chaque ancien membre. Les bourreaux, ainsi que les domestiques, sont les fils des autres membres du Tribunal, ainsi que les filles de l’aîné. L’inconnu n’ose lire plus.

P14 : Le jour suivant, la panique s’installe dans la demeure en voyant l’aîné pendu, sans que l’on puisse retrouver l’inconnu.

P15 : Son ami s’est renseigné sur les bourreaux et domestiques, qui pourraient contrecarrer leur plan. Il a repéré qu’ils vivent dans une bâtisse voisine, à côté des cuisines. Il a remarqué aussi qu’ils ne communiquent que par grognement, et ont un comportement violent. Ils sont trop nombreux pour les éliminer au corps-à-corps. Il propose un poison qu’il utilise pour tuer les rongeurs qui envahissent la grange chez lui.

P16 : Après le repas du midi, c’est à au tour des domestiques d’être nourris. Le cuisinier sort de la demeure et se dirige vers la bâtisse. L’ami détourne son attention ; le cuisinier s’éloigne un peu de la marmite qu’il portait ; l’inconnu en profite pour s’en approcher et y verser la mort-aux-rats.

P17 : Quelques heures après, tout le monde est mort. L’inconnu et son ami vont voir dans la bâtisse : tous les domestiques ont des poids aux pieds, comme le passeur. Ils vivent dans la misère ; seuls quelques domestiques sont bien habillés ; les bourreaux vivaient un peu à part.

P18 : Le soir les habitants de la demeure s’aperçoivent de la mort de leurs domestiques : la panique augmente, surtout chez les jurés. Son ami conseille à l’inconnu de visiter la mère, c’est elle avec le père qui risque de comprendre le plus vite la situation.

P19 : La nuit, l’inconnu se dirige vers la chambre de la mère ; il remarque un verre d’eau sur sa table de chevet. Il y verse de la ciguë, puis s’installe dans un coin à l’ombre. La mère se réveille dans la nuit et boit son eau.

P20 : Alors l’inconnu allume une lanterne. Il lui dit qu’elle a bu de la ciguë, qu’elle deviendra froide comme les pierres qui ont servi à lapider sa mère. C’est le petit Louis, n’est-ce pas ? Oui, le petit Louis dont les parents ont été assassinés par les bons soins de votre famille. Oui, le petit Louis de Valvermeil, volume 214… dans la bibliothèque… cette porte… Elle meurt sur ces mots. 

P21 : Louis va voir derrière la porte qu’elle indiquait, et voit tous les volumes où sont retranscrit tous les procès qui ont eu lieu dans cette demeure. Il y a également un arbre généalogique remontant jusqu’à l’ancêtre Archibald de Montrond. Il ouvre le volume 214 et lit les actes du procès de ses parents.

P22 : L’avocat était saoul. La mère fut condamnée à être lapidée. Le père fut acquitté : il était le fils chéri de la plus prestigieuse maison de France ; sa conduite indigne devait être effacée des mémoires, mais lui ne devait pas mourir ici. L’enfant fut condamné à être attaché à un arbre et abandonné. Puis il lit quelque chose, le lecteur ne sait pas quoi. Louis referme le livre, l’air en colère. Il regarde l’arbre généalogique. Il y a une branche morte au niveau du grand-père.

P23 : Le lendemain, c’en est trop pour la famille restante, qui décide d’aller chercher de l’aide. Mais ni le passeur, ni la barque ne sont présents. L’angoisse devient presque de la folie chez les jurés. L’ami de Louis les observe de loin, l’air ravi.

P24 : Le procureur s’énerve, tandis que l’avocat se saoule (on avait déjà pu voir au cour du premier souper son penchant pour l’alcool). Les 3 jurés sombrent de plus en plus dans une démence mystique, ce qui énerve le père.

P25 : La nuit, Louis va dans la chambre du procureur. Ce dernier était éveillé et l’attendait un pistolet à la main. Il allume un chandelier. L’ami de Louis, grimpé sur un arbre, voit alors ce qui se passe dans la chambre. Il soupire, énervé, puis saisit une petite fronde dans sa poche et projette un caillou contre la vitre de la pièce.

P26 : Le procureur tourne la tête vers la fenêtre. Louis en profite pour lui frapper violemment la main et lui appuie un chiffon qu’il avait imbibé d’éther avant d’entrer sur la bouche et le nez.. Le procureur s’endort. L’ami de Louis descend de son arbre satisfait.

P27 : Louis entend alors des lamentations dans une pièce adjacente. Il y trouve une femme alitée, exténuée, crachant du sang. Elle fait partie des filles de bonnes familles qui sont données en offrande à la famille Montrond, afin de perpétuer leur lignée.

P28 : Mais elle n’a pas eu la chance d’être choisie pour l’aîné. Ses fils à elle lui ont été enlevés un à un, le jour de leurs six ans. Alors on leur a mis des poids aux pieds. Puis à 14 ans, on leur a coupé la langue. Ainsi, personne ne se plaint. Elle demande à Louis de mettre fin à ses souffrances. Il s’exécute.

P29 : Le procureur se réveille ligoté sur une chaise, placé au-dessus d’un petit bûcher, entouré d’un cercle de pierres. Face à lui, Louis lui dit qu’il va mettre le feu au bûcher, afin qu’il brûle comme la rage et la haine lui brûle le cœur et l’âme. Le procureur lui lance de nombreuses insultes, vocifère.

P30 : Louis le bâillonne, met le feu au bûcher, le regarde brûler. Son ami, à l’abri dans les fourrés, regarde la scène le sourire aux lèvres. Il s’en va. Louis ne tarde pas à faire de même. 

P31 : Discussion avec son ami. N’est-ce pas dément comme vengeance ? Ne se conduit-il pas pire que ses anciens bourreaux ? – Les hommes restent sur la berge du lac ; ici, seule la barbarie a sa place. Il ne reste plus que l’avocat et les trois jurés qui ne présentent plus de menace tellement ils ont sombré dans la folie, et le patriarche. Il ira jusqu’au bout. Même avec du sang sur les mains ? Même.

P32 : Le lendemain, il trouve dans la matinée l’avocat seul dans sa chambre, complètement ivre. Il le ligote sur le lit, et commence à lui vider dans la bouche les bouteilles d’alcool qui sont légion dans cette chambre. « Souviens-toi des accusés que tu n’as pas défendu parce que tu étais ivre ».

P33 : l’avocat explique son sentiment de culpabilité qui l’a très vite rendu alcoolique. Puis Louis recommence à lui verser l’alcool dans la bouche, jusqu’à ce qu’il sombre. 

P34 : Le père reste mutique dans la salle du jugement, tandis que les 3 jurés sont à moitié fous. Il rumine cette histoire de Louis de Valvermeil. « Père, tu as déshonoré notre nom en engrossant cette catin de Valvermeil. Elle n’était pas digne de toi, on l’avait donnée à ton jeune frère. Nous payons aujourd’hui le prix de ton péché. La tuer n’a pas suffi. Pourquoi as-tu voulu épargner l’enfant ?

P35 : Louis et son ami attrapent les 3 jurés un par un puis les endorment.

P36 : Louis vérifie qu’aucune femme ne soit enfermée dans des pièces annexes : le vieux juré n’a pas de femme, un des jeunes non plus ; chez le troisième, il ne trouve pas de femme mais un enfant d’une douzaine d’années complètement terrorisé. Il le libère. L’enfant s’enfuit en criant, on ne le reverra plus.

P37 : Les trois jurés se réveillent ligotés chacun à un arbre. Dans leur délire, on apprend que parmi eux, seul un était présent au procès de Louis. Il les a ligotés comme lui l’a été enfant, il y a vingt ans de cela, exactement au même endroit.

P38 : Son ami dit à Louis que ça ne sert à rien de les tuer. Ils sont complètement déconnectés de la réalité, plus bons à rien. La vengeance, oui ; la cruauté, même, il peut la comprendre. Mais sombrer dans une folie meurtrière, ça ne servirait à rien, si ce n’est à prouver qu’il ne vaut pas mieux qu’eux. Louis accepte de ne pas les tuer ; qu’il les assomme avant de les détacher : il reste encore le père à tuer, il ne faut qu’ils puissent interférer.

P39 : Louis retrouve le juge suprême dans la salle de jugement.

P40 : « Vous savez qui je suis, je présume. – Oui, Louis, je sais. Ainsi donc tu es de retour. J’aurais dû te faire tuer dès que j’ai lu la lettre de ton père. – Vous auriez dû, effectivement. Mais vous avez été négligent, comme vous l’avez été il y a vingt ans. Ce n’était pas prudent de me laisser mourir seul ».

P41 : Un paysan braconnier venait de temps en temps sur l’île, où le gibier est nombreux. Il est tombé sur Louis, attaché à un arbre, à moitié mort de froid et d’épuisement.

P42 : Il l’a recueilli, a quitté le pays avec lui. Bien des années plus tard, il retrouva le père par hasard, et lui fit savoir que son fils était toujours en vie.

P43 : Le père, dépressif depuis le jugement, et atteint de tuberculose, écrivit une lettre à son fils, expliquant tout ce qui s’était passé, ainsi qu’un laisser-passer pour pouvoir aller au manoir et indiquant que son fils avait une requête à formuler, puis se suicida. Louis ourdit alors un plan avec un ami pour venir se venger.

P44-45-46 : « Se venger de quoi ? hurle le père. Nous sommes le Tribunal de la Noblesse. Depuis l’an de grâce 755, depuis que mon aïeul Archibald de Montrond premier du nom a rendu un jugement équitable concernant deux familles nobles de France, nous occupons cette fonction ! Tu crois que toi, petit bâtard, tu peux venir changer le cours des choses ? Inconscient ! 

     « Et pourquoi pas, cher Archibald… ou devrais-je dire mon oncle ?

-         Petit bâtard ! Jamais tu ne seras un Montrond, tu m’entends ! Tu n’es qu’un bâtard, comme ton père !

-         Allons, allons, c’était votre frère, tout de même…

-         Mon père aurait dû en faire un vulgaire domestique ! Au lieu de quoi il a troqué une nouvelle femme pour son frère contre un nouveau fils pour les Valvermeil… Et ces idiots n’ont rien dit…

-         Mais c’est normal, mon oncle, vous êtes la famille Montrond, le Tribunal, la noblesse de France vous obéit sans broncher.

-         Mmph, l’exemple de ton père ne t’a pas suffi ? Nous l’avons broyé !

-         Je sais ce que vous avez fait, j’ai lu l’acte du jugement dans le volume 214. Pour tout ça vous allez payer.

-         Tu ne peux pas faire ça ! Nous sommes le Tribunal, nous ne pouvons pas mourir !

-         Il n’y a plus de tribunal. C’est fini. »

L’ami de Louis entre dans la pièce :

  " Tututut… Ca ne va pas finir déjà, quand même !

-         Marc ? Que viens-tu faire ici ? Laisse-moi terminer ça tout seul !

-         Je sais que je t’ai bien épaulé, Louis, mais je ne vais pas te laisser l’honneur de tuer mon père…

-         Ton ?…

-         Eh oui, tu n’es pas le seul bâtard du Manoir ! Regarde cet homme, qui répréhende la faute chez les autres… Une seule sortie hors de l’île, et voilà qu’il engrosse la bonne du roi Charles X. Au fait, mon père, les conseils que vous lui avez donné ont laissé à désirer…

-         Mais comment ?…

-         Eh bien cette épave décadente qui se tient devant nous était alors un jeune homme bien naïf. Il ne savait même pas que j’existais. Mais moi, je savais qui il était, il me manquait simplement un plan pour arriver jusqu’à lui. Et tu étais là, avec ta mine de chien battu, ne sachant que faire…

-         C’est pour ça que tu m’as poussé… Mais pourquoi ?

-         Pour devenir le nouveau Juge, pardi ! La famille morte – je te félicite au passage pour ton carnage méthodique, ça m’a éviter de me salir les mains – je suis l’héritier légitime, le renouveau du Tribunal. Oh, pardon, il reste toi, également, toi et ton épée ! »

Il tue Louis avec le revolver du procureur que l’on reconnaît. Il se tourne vers son père.

« Une dernière volonté avant que je ne redonne toute sa noblesse à ce tribunal que vous avez souillé et englué dans une tradition obsolète ? »

Le père reste muet, estomaqué par le retour de ce fils dont il ignorait l’existence.

 « Non ? »

Il le tue également d’un coup de revolver. Puis va s’asseoir à la place de son père. On s’éloigne du Manoir, les 3 jurés errent autour, le regard halluciné.

 

Castro, ça se précise !

A:E: AFIN: DO

 

MUDO

 

Planche 1 : Alcobaça 1370 : un personnage entre dans le monastère, traverse la nef jusqu’aux tombeaux de Inês et Pedro. Il s’agit de Diogo Lopes Pacheco (DLP). Mais le lecteur ne saura jamais son nom. Il demande pardon, et se sent maudit, tel le juif errant.

P2 : On apprend qu’il a échappé à une condamnation, contrairement à deux autres personnes qu’il semblait connaître. Alvaro et Pêro. Il était amoureux secrètement d’Inês. (transition visage du cénotaphe èvisage d’Inês)

P3 : Coimbra 1355 : il espionne Inês et ses dames de compagnies qui batifolent dans les prés. Lui se trouve derrière un pilier, sur un balcon les surplombant. 

P4 : Il entend Inês parler avec sa nourrice : elle n’est plus inquiète, Pedro lui a promis un amour éternel.

P5 : Lieu de l’exécution 1360 : Pendant que l’on voit les deux condamnés marcher, DLP raconte qu’il est allé rejoindre ses deux pairs. Ils n’auraient pas dû se mêler de cette histoire : les aïeux de Pedro avaient tous fauté en leur temps, et lui était plus impulsif et passionné encore que ses glorieux ancêtres. 

P6 : 1355 : Mais Pêro Coelho (PC) et surtout Álvaro Gonçalves (AG) lui disent qu’il est faible, que cette histoire d’amour est dangereuse pour le royaume. Ils décident d’aller parler au secrétaire de Pedro, pour que celui-ci tente de le raisonner.

P7 : Discussion avec le secrétaire ; celui-ci est d’accord, il va rejoindre Pedro pour lui parler. PC le suit discrètement, en demandant aux deux autres de rester là et de l’attendre.

P8 : Petite discussion entre DLP et AG : l’un a la mine sombre et tente de modérer les propos de l’autre qui pense à sauver le royaume d’une influence castillane.

P9 :  PC revient. Le regard pensif. Alors ? Le prince ne veut pas abandonner Inês. Il faut en parler d’urgence au roi. Ils partent à cheval (transition poussière, herbe sèche è herbe sèche piétinée)

P10 : 1360 : les deux condamnés sont arrivés sur la place publique, devant le roi qui se situe sur un balcon surplombant la place. A côté de lui son secrétaire (détenteur des secrets de son maître). « Pauvres fous, vous n’auriez pas dû toucher à l’amour du prince. Moi qui ai tenté de le convaincre de mettre fin à cette passion, je me souviens de sa colère ».

P11-12 : 1355 : dialogue entre le prince et son secrétaire.

P13 : 1360 : Le roi toise les condamnés. « Qu’ont à dire les condamnés avant de mourir ? » AG : si c’était à refaire ils le referait. (transition sur son visage)

P14 : 1355 : les trois conseillers sont arrivés à Montemor-o-velho où réside le roi. On les retrouve dans le couloir menant aux appartements du Roi, où il les attend devant une fenêtre. Le jour est déclinant. 

P15-16-17 : discussion entre le roi et les conseillers. Ils finissent par lui soutirer l’ordre de tuer Inês. PC se centre sur l’amour, AG sur la raison d’Etat ; DLP, que le roi interpelle, admet que le royaume peut être menacé par cet amour, mais que la mort est peut-être un remède trop brutal. Le roi n’est au fond pas convaincu de la justice de cet ordre, et se décharge totalement sur ses conseillers

P18 : 1370 : DLP caresse le visage en pierre d’Inês. « Oui, cette nuit-là, tu fis de terribles cauchemars… Je t’observais, dans ton sommeil (1355), comme je l’avais fait de nombreuses fois auparavant sans que tu t’en doutes… La lumière de la pleine lune sur ton visage… De quoi rêvais-tu ? De ta mort prochaine ? » (transition lune réelle è lune dans le rêve) 

P19-20-21 : rêve d’Inês, poursuivie dans les bois sombres par trois loups ; elle est acculée contre un arbre ; les loups tournent autour d’elle ; un lion apparaît sur un monticule situé en face de l’arbre ; il la regarde un instant, puis repart ; alors les loups bondissent sur elle et la mordent. (transition son visage horrifié è réveil en sursaut avec le même air).

P22 : Elle se lève, il fait jour. Elle va voir ses enfants, les prend près d’elle. La nourrice arrive. 

P23-24 : Les deux femmes discutent de ce présage, de la colère du peuple, du sentiment de frayeur qui reprend le dessus.

P25-26 : On voit que DLP écoutait la discussion caché, quand une des dames de compagnies d’Inês arrive en courant : le roi et ses conseillers arrivent, et il paraît qu’ils ont décidé la mort de sa maîtresse ! Elle exhorte celle-ci à partir, mais Inês refuse. Elle affrontera son destin avec dignité. Elle demande à sa nourrice et à sa dame de compagnie de la laisser seule avec ses enfants. DLP s’en va rejoindre le roi et les deux autres conseillers qui viennent déjà.

P27 : 1360 : On arrache le cœur à AG par le dos sur ordre du roi. Celui-ci s’effondre à côté de PC qui ne perd le sourire qu’il affiche depuis le début. « Et toi, qu’as-tu à dire ? » Pas de réponse de PC : il relève la tête, toujours le même regard halluciné et béat. (transition sur la tête de PC)

P28-29-30 : 1355 : On assiste à la confrontation du roi et d’Inês, avec intervention des conseillers dans la discussion. Le roi finit par s’émouvoir du sort de la jeune femme, et renonce à la tuer.

P31 : 1360 : PC crie au roi « Il faut me comprendre, mon roi : la mort d’Inês était inéluctable ! », il a fait ça pour sauver son amour, les autres ne pouvaient pas comprendre, même le roi son père qui ne voulait pas tuer Inês, c’est lui et les autres conseillers qui l’ont convaincu en insistant. (transition regard impassible de Pedro è air triste d’Afonso) 

P32 : 1355 : On voit la scène où les conseillers convainquent le roi de ne pas se désister, le mal serait encore pire.

P33 : Ils vont tuer Inês.

P34 : 1370 : DLP se rend compte de la folie de PC. 1360 : On arrache le cœur à PC par la poitrine. Son cœur arraché, il trouve tout de même la force d’interpeller son suzerain : il lui offre sa mort et son cœur en tribut à son amour pour Inês.

P35 : Pedro donne l’ordre de brûler les deux corps. Protestation du secrétaire qui trouve que c’est déjà bien assez. Mais ils méritent la pire mort qui soit. On prépare le bûcher. (transition sur les bouts de bois) 

P36 : Pedro se souvient de ce jour-là, 1355 : il était à la chasse, heureux en pensant à son aimée.

P37 : le ciel s’assombrit, les nuages sont noirs de menace. Un messager arrive au galop. Il annonce la mort d’Inês.

P38 : D’abord muet, frappé par la nouvelle, il laisse ensuite éclater sa colère, et promet des lendemains sanglants. (transition feu dans ses yeux è bûcher)

P39 : 1360 : les bûchers brûlent. Pedro s’attable et mange du lapin (jeu de mot : coelho en portugais veut dire lapin). Le secrétaire demande si c’est bien fini, les guerres avec son père, la vengeance. « Il me reste une dernière chose à faire. Je lui ai promis ».

P40 : 1370 : DLP « oui, il restait une dernière chose à accomplir, pour l’amour d’elle ». On voit en ombres chinoises le cortège menant le cercueil d’Inês vers Alcobaça. Tous les nobles étaient là, leur présence rendue obligatoire par le roi. Inês fut faite reine, tous durent prêter allégeance devant son tombeau.

P41 : DLP s’en va. Il entre dans la salle des rois avant de sortir du monastère. Il demande pardon encore une fois, et s’émeut de tous les drames passés. 

P42 : il sort du monastère. Les gens s’écartent de lui et détournent le regard. Un cheval attelé prend peur et se cabre en le voyant. Il s’en va accablé.

02.04.2007

Ca bouge pour Inês !

Ah, ça fait plaisir, un dessinateur est intéressé par travailler sur la Castro. En fait, plusieurs types d'adaptations sont possibles. Et après discussion avec lui, plutôt que de faire du théâtre en BD, je vais réécrire l'adaptation afin de l'adapter réellement au médium BD. J'ai donc revu les grandes lignes : je respecterai l'histoire de la pièce, dont j'introduirai les éléments par des prolepses centrées sur différents personnages (principalement les 3 conseillers-assassins). Je me balladerai aisni entre 1355, date de l'assassinat d'Inês, 1360, date présumée de l'exécution de 2 des conseillers, et 1370, où j'imagine le conseiller rescapé aller demander pardon à son ancien roi et à Inês au monastère d'Alcobaça où reposent les deux amants.

D'où, pour le coup, une reformulation du titre de la BD.

Jusqu’à la fin du monde

  

[EDIT] : vous trouverez dans la note "Castro, ça se précise" une version plus développée du scénario, donc j'ai effacé la version qui était présente dans cette note, histoire de ne pas surcharger le blog.

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