02.05.2007
cosmogonie
Cosmogonie, c'est peut-être un bien grand mot. Mais j'ai voulu raconter le tout début. Ca pourrait faire l'objet d'un autre tome. Mais il faut que je trouve la suite, et que je mêle le tout pour construire une histoire intéressante. En attendant, voici le récit des origines :
Au début était la nuit. Seule un coquillage était là, ombre parmi les ombres, au milieu de nulle part. Quand soudain elle explosa, libérant et projetant tout autour d’elle ces êtres gigantesques et fantastiques, les titans. Chacun alors s’occupa à créer étoiles et planètes.
L’un d’eux, Uma, en eut un jour assez d’errer dans les immensités de l’espace. Il s’installa dans un recoin encore sombre de l’Univers : là, il arracha ce cœur qui brûlait de vie en lui, et celui-ci illumina la nuit ; puis il prit sa chair, et modela une sphère imparfaite ; avec ses os, il fit des montagnes, des pics et des collines ; avec ses cheveux, il couvrit une bonne surface de la sphère de végétation ; avec son sang, il irrigua cette planète, que dans un dernier souffle de vie il nomma « Terra ».
De ce dernier souffle qui s’échappa du corps titanesque, naquit Fuun, l’Esprit du vent. Ce dernier parcourut alors Terra en tous sens. Alors qu’il passa au-dessus d’un vaste océan, il réveilla Nami, l’Esprit des vagues. En volant au-dessus du continent, c’est Suna, l’Esprit du sable, qu’il sortit de sa torpeur. Enfin, sa brise soufflant dans les branches des arbres éveilla Shizen, l’Esprit du bois.
Ces quatre esprits furent donc les premières créatures à fouler le sol de Terra. Ils étaient le prolongement d’Uma, qui ne pouvait mourir. Ensemble, ils créèrent les animaux : les insectes d’abord, puis les reptiles, les poissons, les mammifères terrestres puis les oiseaux. Enfin, Suna éleva deux blocs de terre, qu’il sculpta à son image grâce à l’eau de Nami. Shizen leur donna la capacité de se reproduire, et Fuun insuffla la vie en eux. L’Homme et la Femme étaient nés.
Seulement tout cela ne fut possible que grâce à la lumière du Soleil, cœur d’Uma. Or celui-ci avit vu la naissance de Hakka, l’Esprit du feu, qui jalousait ses quatre frères de créer ainsi la vie, sans même le remercier, lui, lumière de tout. Hakka descendit alors sur Terra.
Il brutalisa ses frères, qui ne voulaient pas entrer en conflit direct avec lui. Voyant qu’il ne pouvait pas s’imposer, Hakka décida alors de s’en prendre aux créations des quatre Esprits, et notamment à leur plus belle réussite, l’Homme. Il insuffla alors à l’intérieur des deux corps le feu qui brûlait en lui. Ainsi fut subverti l’esprit de l’Homme.
Les quatre Esprits néanmoins considérèrent que Hakka était lui aussi une partie d’Uma, et qu’à ce titre ils n’avaient pas à s’interposer. Ils continuèrent donc à œuvrer pour le bien de leurs créatures. Ainsi, ils créèrent ce qui manquait à l’Homme pour se développer seul, la parole.
Ils allaient lui enseigner le langage quand Hakka, ne pouvant plus contrôler sa colère, menaça de tout détruire. Le premier à lui résister fut Shizen ; mais, dernier des fils d’Uma, il était le plus faible. Le feu brûla le bois. Les trois autres Esprits se liguèrent alors contre Hakka : Suna l’emprisonna dans une prison de sable formée par son propre corps ; pour que les murs de cette prison ne s’émiettent pas, Nami se mélangea à lui, formant de la sorte un mur humide que le feu de Hakka ne pourrait détruire ; enfin, Fuun se mêla à ses deux frères, pour durcir le mur à l’extérieur afin qu’il ne tombe pas. Hakka finit par s’éteindre à l’intérieur de sa prison.
Il ne resta alors des cinq esprits qu’un étrange monolithe, sur lequel Fuun avait pris soin de sculpter, avec les cendres de Shizen et avant de disparaître, les bases du langage que lui et ses frères voulaient enseigner aux hommes.
Ceux-ci trouvèrent le monolithe après la bataille. Deux hommes et une femme le touchèrent les premiers. Ils furent les Primordiaux, porteurs de l’esprit d’Uma. Ils enseignèrent la parole et la vie des Esprits aux autres hommes. Un quatrième homme toucha le monolithe. Et il vit le symbole de feu de Hakka. Le mot interdit. Dans un premier temps, toutefois, il aida les autres Primordiaux dans leur tâche.
Un temple fut construit pour eux, le Temple du Premier Mot. Là, ils enseignèrent aux hommes, aidés de quelques disciples. Le premier homme à avoir touché le monolithe reçut le souffle de Fuun, et ses mots faisaient s’envoler les hommes vers les yeux d’Uma. La première femme, elle, savait les bercer par les histoires que lui contaient les vagues, attirées par la beauté de Nami. Le deuxième homme savait quant à lui observer, comprendre et expliquer le monde comme personne, comme s’il égrenait le sable laissé par Suna. L’esprit de Shizen s’était dilué dans les mots eux-mêmes. Quant au quatrième Primordial, le feu de la passion coulait dans ses veines, et il savait pénétrer au fond des mots.
Seulement la colère d’Hakka se fit de plus en plus sentir. Le 4ème commença dès lors à inventer les mots de la discorde, et sema le trouble parmi les hommes, les montant les uns contre les autres. Les autres Primordiaux ne comprenaient pas ce qui se passait, et essayaient tant bien que mal de restaurer le calme.
Alors le 4ème donna à chaque groupe formé par les hommes en colère des mots qu’il leur présentait comme étant plus beaux que ceux utilisés par les autres. Ainsi chaque groupe finit par avoir son propre langage, et par vouloir l’imposer aux autres. Encore une fois, les trois autres Primordiaux essayèrent de résoudre les conflits naissants. Ils ne purent qu’en partie y réussir, mais comprirent le rôle du 4ème dans l’histoire.
Ils lui livrèrent donc bataille, une terrible bataille, qu’ils ne remportèrent qu’en faisant appel à tout leur pouvoir, et grâce à leurs disciples. Le 4ème fut changé en statut. Il avait néanmoins pris soin de laisser un parchemin avec le mot interdit. Le temple fut détruit, la statut ensevelie par les sables du temps, les disciples éparpillés, les hommes livrés à eux-mêmes.
Toutefois, il est dit que deux hommes et une femmes veilleront à la bonne utilisation des mots par les hommes. Ils seront les Trois Sages de Byblos, épaulés par la Confrérie des Fils de Byblos. Lorsque l’Esprit d’Hakka reviendra, alors trois jeunes gens apparaîtront, ce seront les Trois Dignes Fils de Byblos.
09:40 Publié dans Le pouvoir des mots | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
C'est sympa, ce petit essai mythologique... Je ne vois pas trop ce que tu vas en faire, mais c'est sympa comme ça.
Le mot "coquille de noix" est un peu bof, par rapport au reste qui est d'un autre registre lexical, il me semble.
Ecrit par : Abélar | 02.05.2007
La coquille de noix, c'est en référence à "l'univers dans une coquille de noix", de stephen hawking. Mais ça peut se changer.
Sinon, si tu as lu l'histoire du pouvoir des mots, tu devrais avoir une petite idée d'où je veux en venir ;).
Mais je ne sais pas encore comment continuer. Est-ce que le 4ème homme sera admis parmi les sages, pour trahir ensuite ? Je pense que oui. Il faut que j'y réflechisse.
Ecrit par : damien | 02.05.2007
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